Par Rachel Dimanche

Jeune fille d’origine haïtienne, j’ai immigré au Canada à l’âge de 11 ans. Quel choc! Mais certainement pas celui que vous pensez. Certes, il s’agissait d’un changement d’environnement et de mentalité, mais pour moi, le plus flagrant était la différence dans la culture culinaire. Tout d’un coup, j’étais exposée à des guides alimentaires et des campagnes de sensibilisation encourageant les jeunes à bien manger.

C’est alors là que j’ai été introduite au concept de « bien manger ». Que veut dire « bien manger »? Au Canada, par l’emphase mise sur l’importance d’intégrer des fruits et des légumes dans l’alimentation, je réalise qu’il s’agit justement de ça, c’est-à-dire d’ingérer des repas équilibrés par rapport aux portions de fruits, de légumes, de produits laitiers, de céréales et de protéines recommandés par le Guide alimentaire canadien. C’est bien admirable qu’un gouvernement accorde autant d’importance à la santé de ses citoyens, mais cela requiert un effort conscient de la part de ces derniers, afin d’adhérer au guide alimentaire qui leur est proposé.

J’emploie le terme « effort », car le fait de bien manger n’est pas une pratique ancrée dans la culture culinaire occidentale. Je prends l’exemple de mon pays d’origine, Haïti, où le fait de bien manger est pris pour acquis. Je m’explique. Ce n’est que tout récemment que les gens se réveillent par rapport à leur alimentation et s’engagent à y appliquer des changements adaptés aux nouvelles tendances alimentaires, notamment le végétarisme et le végétalisme. C’est le cas contraire pour les pays ayant accès à des ressources alimentaires naturelles, comme Haïti, car ces populations se nourrissent de repas équilibrés se rapprochant beaucoup plus de la nature puisqu’il s’agit de régions moins développées. Justement, en Haïti nous mangeons des plats autant végétariens que végétaliens sans même nous rendre compte qu’ils le sont. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un effort de « bien manger », mais plutôt d’une prise de conscience ne permettant que d’améliorer cette alimentation qui est déjà sur la bonne voie.

Ce choc culturel m’a été plutôt révélateur, car c’est une expérience qui m’a ouvert les yeux sur ma personne ainsi que ma propre culture et plus précisément sur les habitudes culinaires qui s’y rattachent. J’ai alors réalisé qu’avant d’immigrer au Canada, certes je mangeais différemment, mais je mangeais déjà « bien », tandis que ce n’est que tout récemment que les occidentaux, notamment les Canadiens, prennent conscience de l’importance d’une bonne alimentation. Cette tendance souligne l’urgence de préserver les ressources naturelles et de promouvoir un mode de vie se rapprochant beaucoup plus de la nature. Dans mon cas, la prochaine étape sera de trouver le meilleur moyen d’adapter le « bien manger » canadien au « bien manger » haïtien.

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